Sous la tôle ondulée d’un atelier montreuillois, entre les vapeurs flottantes de solvant, d’encres et de palo santo oeuvrent avec minutie deux personnages en symbiose. 


D’abord un homme : Nelson Marin Marin, originaire du Chili et dont le caractère ressemble à ces bois de senteurs allumés par les Incas pour attirer la chance et chasser tout signe de négativité. Au départ il y a ce sacré feu, un sourire sur son visage auquel il donne l’énergie des grands jours, mais aussi des grands soirs car Nelson est un fêtard. A soixante-deux ans, un brin mélancolique, il vous dit que les grandes heures de la rigolade sont désormais derrière lui, mais son regard malin vous rappel vite combien il lui en reste en réserve. Après la flamme vient la fumée, dense et épaisse d’une vie bien remplie, parfois douloureuse et chargée de souvenirs que l’on s’efforce d’oublier pour ne pas laisser de vieux démons l’emporter. Car Nelson est de ces hommes dont le courage manifeste n’existerait pas sans pudeur, elle-même devenue noble garante d’une humilité sans borne. 


C’est à travers le regard de Constance - qui travail désormais à ses côtés et reprendra bientôt l’atelier - qu’apparaît au grand jour cette figure paternelle et rassurante, silencieux lorsqu’il le faut, lorsque la confiance entre eux remplace les mots.